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Médialogue

18 mai 2022 3 18 /05 /mai /2022 20:28

ou le Festival de Cannes et le brillant discours de Vincent Lindon,
D’après l’article de Michaël Mélinard  publié dans l’Humanité

"Il y a des moments suspendus, un peu magiques, et le discours prononcé à l’ouverture du Festival de Cannes par le comédien Vincent Lindon, président du jury, est de ceux-là. Brillant, émouvant, il rappelle une évidence un temps oubliée : la culture est essentielle.

De l’émotion, de la solennité et une pointe d’autodérision. Vincent Lindon a placé haut le curseur avec un discours inaugural somptueux autour du rôle des artistes. Le comédien qui a plusieurs fois pris publiquement la parole en faveur de l’hôpital ou en appelant à une plus grande solidarité des plus riches avec les plus démunis par le biais de la taxe Jean Valjean s’interroge. « Doit-on user de sa notoriété aussi modeste soit elle pour porter haut et fort la parole des sans voix ou au contraire, refuser d’exprimer publiquement une position dans des domaines où nous n’avons ni légitimité, ni compétences particulières ? Je n’ai pas la réponse ». Et pourtant, il l’a.

 

 

Vincent Lindon a apprécié de pouvoir « s’énerver pour une cause humaine qui en vaut vraiment la peine ».
Nord-Ouest Films

 

Le cinéma est un art majeur

Mais avant de nous la servir, Lindon parle de lui, de ses collègues, des cinéastes et de tous les artistes. « Comme tous ceux qui ont eu l’immense bonheur de pouvoir vivre de leur art dans une existence libre, nous sommes une composante infime d’un grand tout essentiel qui s’appelle la culture. La culture n’est pas une aimable excroissance ni un futile ornement de la société, elle n’est pas en marge. Elle en est le centre et en sera le vestige ».

Il insiste sur son importance mémorielle en évoquant Mozart, Corneille, Molière ou Michel-Ange, aussi importants que leur souverain, Joseph II, Louis XIV et Jules II. « Le festival international du film de Cannes prolonge cette tradition séculaire née d’une volonté de lutte contre un fascisme qui avait dénaturé le cinéma européen. Il n’a cessé d’accueillir, de protéger et de réunir les plus grands cinéastes de leur temps ».

Vincent Lindon n’en démord pas. Le cinéma est un art majeur dont Cannes demeure un puissant passeur. « Ouvert sur toutes les cultures, n’exigeant rien d’autre que l’exigence, ses sélections ont retenu des films dont l’ambition ne se limitait pas seulement à remplir les salles. C’est la fonction du festival de Cannes. C’est sa gloire ».


Un appel à l’engagement

Et l’acteur de poursuivre son sans-faute en mentionnant bien sûr la guerre qui se joue à l’est de l’Europe mais aussi d’autres conflits moins médiatisés.  « C’est cette ligne inflexible artistique et citoyenne qui rend nécessaire ce qui sans cela serait obscène. Projeter des images radieuses en surimpression de scènes abominables qui nous parviennent d’une Ukraine héroïque et martyrisée. Ou bien encore, ensevelir sur la mélodie du bonheur, les massacres silencieux qui s’abattent sur le Yémen ou le Darfour ».

La réponse tant attendue advient enfin. « Pouvons-nous faire autre chose qu’utiliser le cinéma, cette arme d’émotion massive pour réveiller les consciences et bousculer les indifférences ? Je ne l’imagine pas ». Et de saluer les grands cinéastes avant d’appeler à l’engagement.  « Voici venu le temps des artistes, des cinéastes responsables pour nous porter, pour nourrir notre imaginaire et nous aider à nous répéter en nous-mêmes chaque fois que nous le pourrons en hommage à tous ceux qui souffrent et qui se battent dans le monde : Être vivant et le savoir »."
 

Les films en compétition officielle

Holy Spider, d’Ali Abbasi (Danemark, Iran)

Les Amandiers, de Valeria Bruni Tedeschi (France)

Crimes of the Future (Les Crimes du futur), de David Cronenberg (Canada)
 

Tori et Lokita, de Jean-Pierre et Luc Dardenne (Belgique)

Des étoiles à midi, de Claire Denis (France)

Frère et sœur, d’Arnaud Desplechin (France)

Close, de Lukas Dhont (Belgique)

Armageddon Times, de James Gray (Etats-Unis)

Broker, de Hirokazu Kore-eda (Japon)

Nostalgia, de Mario Martone (Italie)

R.M.N., de Cristian Mungiu (Roumanie)

Triangle of Sadness (Le Triangle de la tristesse), de Ruben Ostlund (Suède)

Decision to Leave, de Park Chan-wook (Corée du Sud)

Showing Up, de Kelly Reichardt (Etats-Unis)

Leila’s Brothers, de Saeed Roustaee (Iran)

Boy From Heaven, de Tarik Saleh (Suède, Egypte)

Pacification, de Aldbert Serra (France, Espagne, Allemagne, Portugal)

Un petit frère, de Léonor Seraille (France)

La Femme de Tchaïkovski, de Kirill Serebrennikov (Russie)
 

Hi-Han (Eo), de Jerzy Skolimowski (Pologne)

Le Otto Montagne (Les Huit Montagnes), de Felix Van Groeningen et Charlotte Vandermeersch (Italie, Belgique, France)


Déjà publié dans nos pages :
lettres-de-cannes-2011-

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 00:38

Depuis bientôt trois ans, nous travaillons sur un projet de documentaire cinéma portant sur le pouvoir et l’argent : Ceux qui tiennent la laisse.

 

Après le succès du documentaire Les nouveaux chiens de garde, sorti en salles de cinéma 2012, il fallait pour approfondir l’analyse prendre le problème par l’autre bout du fil.

 

Comment ceux qui ont cadenassé les médias et dressé les journalistes comme des toutous ont-ils assujetti l’État et promu l’entreprise au rang de divinité ?

Comment ceux qui tiennent la laisse ont-ils confisqué tous les pouvoirs au bénéfice d’une poignée de fortunes privées et au détriment des salariés – actifs ou inactifs –, pourtant seuls véritables producteurs de richesses ?

À raison, vous pourriez rétorquer que ces questions sont vieilles comme le capitalisme. Peut-être. Mais le détournement de fonds atteint désormais des sommets inégalés. La troisième révolution industrielle, celle du numérique, se conjugue parfaitement avec le libéralisme, financiarise tout ce qui bouge et n’hésite pas à saccager ce qui reste de la planète. La rapacité de Facebook en est un des plus sinistres exemples.

Et l’avidité de Ceux qui tiennent la laisse ne connaît plus aucune limite. Le capital est attiré aujourd’hui par un nouvel eldorado, le secteur de la e-santé, autrement dit la santé numérisée : télémédecine, santé mobile, stockage des données de santé, biocapteurs, consultations en ligne, etc. Alors que les soignants ont démontré durant des mois la place essentielle du service public de la santé pour faire face à la pandémie du Covid-19, le capital a sonné sa fin. La technologie à la place de l’être humain, les profits augmentés, il n’est plus question de lâcher un tel trésor et charge à Macron et à son gouvernement de terminer le dépeçage de ce service public.

 

La période que nous venons de vivre et dans laquelle nous nous trouvons encore, témoigne plus que jamais de la nécessité de réaliser un documentaire sur les mécanismes permettant à ceux qui font main basse sur le moindre kopeck de tenir en laisse la démocratie économique, sociale et politique. Milliardaires, grands patrons, élites politiques, hauts-fonctionnaire, chiens de garde médiatiques travaillent de concert à maintenir l’ordre économique et politique actuel, autrement dit le menaçant désordre social et environnemental dans lequel nos sociétés sont plongées. Plus Ceux qui tiennent la laisse captent le pouvoir, engrangent les plus-values, propagent le chaos, plus la majorité d’entre nous nous se voit traitée par cette minorité de « radicaux », de « complotistes », de « populistes ».

 

Le capitalisme n’a pas besoin de fraudes fiscales, d’organisations secrètes et occultes, de tricheries, de virus meurtriers pour prospérer. Bien sur, il peut tordre de temps à autre le cadre légal, mais ce n’est pas le quotidien de ses activités. Bernard Arnault, Xavier Niel ou Gérard Mulliez sont au top des milliardaires français dans la plus grande transparence démocratique… C’est par le vote, la loi, les décrets, le cadre légal et officiel qu’ils amassent des fortunes considérables. C’est lors d’élections officielles que le hold-up se réalise. C’est par des gouvernements que nous avons crédité que l’opération se réalise tranquillement.

 

N’attendez donc pas alors des révélations sulfureuses, l’alignement de faits-divers, de scandales dans Ceux qui tiennent la laisse. C’est justement de la transparence démocratique et opaque à la fois dont nous allons parler. C’est l’écran de fumée officiel que nous allons percez. Et n’ayez crainte, vous ne vous ennuierais pas. La façon dont Ceux qui tiennent la laisse gère la démocratie, dont il nous la impose est source d’investigation passionnante et stimulante. Et peut nous éclairer sur la manière de s’organiser pour mettre à mal leur « ordre démocratique » pour imposer le notre, celui de la majorité.

Pour que notre film atteigne un public plus large, nous avons bâti un scénario qui prendra la forme d’une investigation policière, une sorte de polar, mais dont le héros ne sera ni un policier, ni un détective. Nous avons confié notre enquête à une sociologue, entourée de ses étudiants, tous chargés de mettre en évidence la réalité cachée, de percer l’écran de fumée. Des saynètes fictionnelles « chapitreront » ainsi notre film, permettant ainsi de dérouler la narration, épisode par épisode. Le rôle de notre sociologue de choc sera interprété par la comédienne Corinne Masiero, actuelle « héros » de la série Capitaine Marleau diffusée sur France 3. Un autre comédien, Jacques Bonnaffé, interprétant le rôle d’un des papes de la sociologie Max Weber, lui donnera la réplique.

 

Au-delà du tableau descriptif des élites – à l’encadrement plaqué or – que nous allons brosser, nous ne nous priverons pas de parler des contrecoups, d’évoquer la violence des coûts sociaux et humains que quelques-uns ont imposé à tous. Plus les services publics sont pillés, plus les fortunes explosent, plus les dégâts sociaux minent le cadre social, avec son lot de chômage, de précarité, de pauvreté, de violences, de suicides. Nous n’oublierons pas d’évoquer les larmes et le sang qu’un tel système fait couler.

 

L’heure est donc propice à finaliser et sortir au cinéma notre documentaire. La période électorale de la Présidentielle 2022 est une occasion idéale pour observer comment Ceux qui tiennent la laisse réalisent le hold-up de la démocratie.

Merci de vos images.
Alain

 

Pour participer au financement du film :
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6 octobre 2021 3 06 /10 /octobre /2021 12:00

Parce que Tapie, c'était (aussi...) Wonder.
Et ça, dans l'hagiographie, faudra pas l'oublier.
Nous reprenons ici  des articles de 2018 et 2010, édités sur le Blog de Brigitte Blang avec son aimable autorisation.

Nous y avons découvert un nouveau DVD.
Soit 3H 30 de documentaire,
C'est notable et exigeant à l'heure où les émojis raccourcissent les temps de communication.

Il est évident que nous placerons l'intitulé "REPRISE" dans notre médiathèque dont le catalogue est lisible sur la barre des menus en haut de page.

Bonne lecture
A.P


 

Il y a 50 ans, la Reprise, chez Wonder

"Mercredi dernier, la Cinémathèque rendait hommage à Hervé Le Roux, disparu il y a tout juste un an.

On y projetait son grand œuvre : Reprise.

Nous en avions parlé de ce sacré documentaire qui sonne comme une fiction.

Retour sur un très grand moment de cinéma, qui démontre déjà (et ce qu’on voit là, ça date de juin 68 !) la division de la classe ouvrière entre « gauchistes » et « réformistes ».
Le revoir va certainement faire résonner le dilemme soulevé par le film de Stéphane Brizé, "En guerre" avec Vincent Lindon  en 2018.

 


Voilà ce qui était publié, il y a quelques années sur mon blog.  Et qui est d’une actualité criante.

J’espère seulement que vous aurez envie d'aller le voir. Parce que là, du coup, et pour réconcilier tout le monde, ce n’est plus de la fiction."

écrit en octobre 2010:

"Calée bien au chaud dans mes évidences, je viens de m’offrir un après-midi de ciné comme on n’en fait plus. 3 heures 30 de sacré cinoche, à fleur de peau et de convictions. Ça m’était passé sous les lunettes il y a peu, comme le rappel de quelque chose déjà vu, ou entendu. C’est un documentaire, et ça s’appelle « Reprise ». L’auteur, Hervé Le Roux. Et l’histoire, banale comme ce qu’on vit, ce qu’on a vécu, ce qu’on vivra toujours lorsqu’on est né de ce côté-là du manche.

 

On est le 9 juin 68, à l’usine Wonder de Saint-Ouen. Oui, Wonder, les piles de Mister Tapie, un gros paquet d’années plus tard… Des fois, il y a des gens, la poisse, hein ? Bref, après pas mal de jours de grève, c’est la reprise, justement, à contrecœur, à contre-espoir, mais la reprise, comme dans bien d’autres usines cet été-là. Devant la boite, deux étudiants de l’IDHEC filment. Leur petit reportage, ils l’appelleront « La reprise du travail aux usines Wonder ». Pour en faire un événement historique. Ils ne sont peut-être pas là par hasard, mais ça, on s’en doute un peu ! Dans le brouhaha collectif, une fille crie. Qu’elle ne veut pas y retourner, dans cette taule pourrie, qu’elle n’y foutra plus les pieds dans cet atelier dégueulasse, et que les délégués qui essaient d’argumenter n’ont qu’à y aller, eux, faire ce sale boulot, qui noircit les mains « jusque là », tout ça pour ça, pour des semaines de salaire paumées, on a envie de crier avec elle. Cette fille-là, c’est certainement un peu de la Môme de Ferrat, qui « travaille en usine à Créteil », sauf que là, c’est Saint-Ouen, et c’est pareil.

Le plan suivant raconte le retour sur terre, autant dire la défaite, des ouvriers qui rentrent tête basse, passant devant un cadre aboyeur. Et la fille, direz-vous, elle est rentrée, pour finir ? C’est là que l’aventure d’Hervé Le Roux commence. Cette image l’a poursuivi tant et tant qu’il s’est posé la seule question qui vaille : « C’est qui ? ». Et comme presque 30 ans plus tard, ce n’était pas facile d’y répondre, il s’est attaqué à l’enquête : « retrouver la fille qui crie ». Laquelle enquête a donné naissance au film qui nous intéresse aujourd’hui, « Reprise ».

 

 Pendant 3 heures 30, on suit le retour aux sources, le flash-back, comme on dit. L’un après l’autre, on va retrouver les acteurs de la scène. Leur projeter le documentaire, et laisser leurs souvenirs parler, se dérouler comme une pelote de laine. Chacun raconte sa grève, sa reprise, sa vie d’alors, et aussi celle d’après. (Fatalement, à bien des moments, l’ombre de Tapie se pointe…) Tiens, là c’est Raymond, et aussi Janine, et encore Robert, et Pierroti, qui fut brûlé en effigie, et Marie-Thérèse, et Poulou, et Mademoiselle Marguerite, qui y tenait tant, à son « mademoiselle » et la mère Campain, tellement détestée. Et toujours, toujours, le cri de la fille brune, avec son chignon sage, qui revient en redondance, comme en point d’orgue.  Les deux délégués, ceux qui pensaient alors qu’on était sur la bonne voie, « ce n’est qu’un début, ils finiront par donner plus » ce genre, vous voyez bien ce qu’on veut dire… Les ouvriers, qui sont souvent à la retraite, les encore militants, les désabusés, ceux qui n’avaient rien voulu et qui ont cessé de bosser en mai parce que, n’est-ce pas, le piquet de grève, ceux qui croient encore au grand soir, et le gauchiste du début, lycéen en 68, et gaucho encore, mais les pieds bien sur terre. Tous les « couples Wonder », devenus des papys et des mamies à souvenance, tout revient, tout à coup : les conditions de travail en effet « dégueulasses », les deux douches installées après 68, et la pause-toilettes enfin accordée ( cinq minutes, quand même…), et le goûter, au 3ème étage des ateliers, et l’embauche dès la sortie du certificat d’études, même si on se sentait capable de devenir institutrice, et les coups de parapluie sur la tronche, euh non, la tête de Tapie, plus tard, beaucoup plus tard, et les promotions propres à fabriquer du petit chef, la vie d’une usine, quoi. Et toujours, toujours, la fille qui crie, comme un signal qui déclenche la machine à remonter le temps. Le film dans le film, mise en abîme, on dit, oui ? Tous sont là, avec les années qui ont passé sur eux, comme sur nous, qui font vivre la véritable histoire des ouvriers de ce pays, les luttes, les déceptions, les paroles données, puis envolées, comme feuilles au vent, le capitalisme et son valet le paternalisme, qui n’avait pas que de mauvais côtés, puisque les colos, tout ça… Devant nos yeux et pendant 3 heures 30, l’histoire se raconte, sur un coin de table de cuisine, ou de bistrot, ou dans un jardin ouvrier, là où elle se fabrique, l’histoire. On sent bien que le gars a laissé le temps au temps, qu’il n’a pas pressé les témoins, qu’il les a écoutés tous, avec bonheur et calme, sans complaisance pour les « jaunes » et sans condescendance pour ceux qui parlent, avec juste ce qu’il faut de nostalgie sur ces années-là où on pouvait encore croire changer la vie. Cette fille qui crie, elle est plus qu’un symbole de révolte, elle est LA révolte. On se dit qu’on voudrait bien la connaître, on s’en approche, petit à petit, et…

 

 

Nous ne vous dirons pas la fin, voilà !
Parce que tous ces gars et ces filles de chez Wonder, ils méritent mieux que ce résumé à deux balles que je viens de vous faire là. Ils méritent que nous achetions le film, que nous le diffusions dans les CE, les AG, les UL, partout où il causera de ce qui fait la grandeur de la classe ouvrière.
À l’ENA aussi, pendant qu’on y est, histoire de leur montrer. Histoire de leur rappeler d’où on vient tous, et de quoi on sera capables, si on nous pousse un brin.
Un grand moment de ciné, qui passe comme un rêve, 3 heures 30 de rêve, ce n’est pas si courant, par les temps qui viennent. Rêvons, camarades, à la révolte qui germe en nos cœurs… "

 

Brigitte Blang

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