Le timbre rouge de la Poste supprimé au 1er janvier 2023, au profit d'une version dématérialisée
De France Bleu Par Léa Dubost
C'est un peu la fin d'une époque. Le célèbre timbre rouge de la Poste, qui existe depuis 1849, vit ses derniers instants. Ce dimanche 1er janvier 2023, il sera supprimé au profit d'une version dématérialisée, plus écologique.
La Poste va revoir au 1er janvier 2023 la gamme des services postaux de base. Le timbre rouge n'existera plus l'année prochaine.
La Poste va revoir au 1er janvier 2023 la gamme des services postaux de base. Le timbre rouge n'existera plus l'année prochaine.
Le bon vieux timbre rouge des lettres urgentes vit ses derniers instants. La Poste va le supprimer dès le 1er janvier 2023, pour le remplacer par une version télétransmise. Le groupe public va en effet revoir la gamme des services postaux de base, pour faire des économies et tâcher de suivre l'évolution des usages, bouleversés par l'essor des messageries électroniques et des paiements en ligne.
Un timbre de moins en moins utilisé
Le timbre rouge, qui existe depuis 1849, est utilisé pour les courriers urgents, distribués dès le lendemain. Mais il est de moins en moins demandé ces dernières années. Les volumes de distribution par timbre rouge ont été divisés par 14 depuis 2008 selon La Poste. De nombreux avions et camions circulent donc en étant seulement à moitié remplis. Par souci économique et écologique, le groupe public va donc remplacer ce carré rouge au visage de Marianne par une version dématérialisée.
Remplacé par une "e-lettre rouge"
Le timbre rouge disparaît, mais pas son principe. Il sera remplacé par la "e-lettre rouge". Concrètement, il faudra numériser le document que vous voulez envoyer avant 20 h, sur le site laposte.fr ou depuis un bureau de poste avec l'aide d'un postier. Ce document sera ensuite imprimé dans la région du destinataire, mis sous enveloppe, et distribué le lendemain. Le courrier n'aura alors que quelques kilomètres à parcourir jusqu'à la boite aux lettres.
Ce nouveau fonctionnement permettra de garantir au maximum l'objectif d'un envoi en 24 heures, et il devrait réduire l'empreinte carbone de la Poste. Le groupe prévoit une diminution des émissions de CO2 de 25 % d'ici à 2030, notamment en optimisant le remplissage des camions et en arrêtant l’utilisation de l’avion pour le transport du courrier dans l’hexagone. Cette "e-lettre rouge" coûtera 1,49 € contre 1,43 € pour le timbre rouge actuel.
Le timbre vert maintenu
Si le timbre rouge va donc disparaître dans quelques jours, ce n'est pas le cas du timbre vert, prévu pour envoyer des "courriers du quotidien" (cartes postales, documents administratifs, etc.). Ce courrier arrivera en revanche plus tardivement. Le délai de distribution va passer de deux à trois jours. Bonne nouvelle pour les collectionneurs, les beaux timbres ne seront pas supprimés non plus.
Pour les envois importants et petites marchandises, à partir du 1er janvier 2023, vous pourrez vous tourner vers la Lettre Services Plus qui est de couleur turquoise. Ce nouvel affranchissement inclut automatiquement le suivi du courrier. Son délai d’acheminement est de deux jours.
Si vous lisez ceci le dimanche, en soirée, en vacances, ou avant d'aller au travail, alors son contenu est fait pour vous...
Une Chronologie :
Découvrez tout le travail de l’Ugict-CGT sur le droit à la déconnexion
L’Ugict est la première organisation syndicale en France a avoir introduit le terme de droit à la déconnexion en 2014. L'Union Européenne se penche à présent sur la question.
Bataille difficile et caricaturale à ses débuts, le principe s’est depuis largement démocratisé, à un tel point qu’il existe aujourd’hui en droit et qu’il est plébiscité par une large majorité de l’encadrement.
Pourtant, son application tarde à se concrétiser réellement dans les entreprises et administrations, alors même que le contexte de généralisation du télétravail en fait un enjeu incontournable.
Retour en dates, en liens, et en images sur le riche historique de cette bataille culturelle et syndicale.
Le retrait d'une de mes publications sur ma page facebook, m'a interpellé, pour ne pas dire estomaquer !
D'autant que le "post" en question, déplaisant à l'administration facebook, concernait un article de fond sur les vrais chiffres du chômage et Rsa en vigueur actuellement.
Un article bel et bien a l'opposé des " faciles partages" - souvent d'origine d'extrême droite - faits à l'encontre de personnes en difficultés financières par des personnes de la même classe sociale !
Souvent ces écrits - tels des miroirs aux alouettes - détournent l'attention et divisent les salarié-es sur les vraies causes de leur difficultés à vivre dans une société où le capitalisme ne satisfait pas les besoins essentiels ainsi que les rapports de liberté, d'égalité, et de fraternité.
Reste qu'un article chiffré et rationnel a été censuré par l'administration facebook avec toutes les autres publications de ses auteurs .
Une mesure qui aujourd'hui met en danger la survivance de ce confrère du Net, "Rapport de force", un blog consacré à 'actualité sociale et de luttes.
Ci après, vous pourrez lire sur le sujet, l'interpellation de Stéphane Ortega.
Sur ce, Bonne lecture
Alain Pouget
"Notre éviction de Facebook pourrait signer la fin prochaine de Rapports de force."
Stéphane Ortega.
Jeudi 15 octobre, Facebook a retiré tous les articles provenant du site Rapports de force et postés sur sa plateforme depuis trois ans et demi. Sur notre page, mais également sur l’ensemble des murs des personnes ayant partagé nos productions. Depuis, impossible de publier sur Facebook quoi que ce soit, par qui que ce soit, en provenance de notre site internet, malgré nos protestations et demandes d’explications.
A qui le tour ? En 2017, aux États-Unis, des sites d’informations de gauche voient leur visibilité volontairement réduite par Facebook, explique le journal l’Obs, relayant une information du Wall Street Journal.
lus près de nous, en France en 2019, des pages Facebook de la gauche radicale subissent le même sort, relate un article de Mediapart.
Maintenant, nous. Une nouvelle étape est franchie : à notre connaissance, c’est la première fois qu’en France Facebook censure l’entièreté d’un média produit par des journalistes.
Et demain ? Quel autre titre de presse ?
Une décision arbitraire autant qu’incompréhensible
C’est avec surprise que nous nous sommes rendu compte, jeudi 15 octobre en fin d’après-midi après l’alerte d’un lecteur, de la disparition de certains de nos articles sur Facebook.
Puis, nous avons découvert qu’il s’agissait de tous nos articles. Tous avaient disparu de la plateforme. Sans exception.
De notre page, comme des murs des centaines de milliers de personnes qui les avaient partagés en plus de trois ans. Par contre, notre page n’a pas été bloquée. Premier message à Facebook pour demander des comptes.
En attendant une réponse qui ne viendra pas, nous avons cherché à comprendre.
Premier constat : notre page Facebook est marquée en vert (sans restriction ou infraction) dans la rubrique qualité des pages. Ce n’est donc pas cela.
Par contre, dans la rubrique « aide et assistance », au bouton « vos infractions », nous découvrons un message daté du jour même signalant une des publications du site. Celle, trois jours plus tôt, d’un article des plus classiques sur la mobilisation nationale contre la répression subie par quatre enseignant.e.s d’un lycée, à Melle dans les Deux-Sèvres.
Selon la plateforme, cette publication ne respecterait pas les standards de la communauté Facebook. Incompréhensible !
Depuis lors, de nombreux lecteurs nous ont contactés pour signaler la disparition de leurs posts ou l’impossibilité de partager tel ou tel article. Facebook leur indiquant alors : « le lien auquel vous avez tenté d’accéder est contraire aux standards de la communauté ».
C’est donc le site Rapports de force qui devient tout entier un contenu indésirable et n’a plus sa place sur la plateforme.
Une mesure « bombe atomique » s’il s’agissait en réalité d’un seul article qui, selon eux, contrevenait à leurs standards. Nous leur avons envoyé 5 messages et les avons interpellés à trois reprises via Twitter. En vain à ce jour. Facebook ne répond pas.
Une menace sur notre existence
Une telle censure pourrait avoir de lourdes conséquences si elle s’éternisait. À ce jour, Facebook représente à lui seul plus de la moitié de la provenance des visites vers Rapports de force. Pour éclairer le propos, voici quelques données chiffrées.
Sur les 815 000 personnes qui sont venues nous lire depuis le début de l’année, 481 000 avaient d’abord vu la publication sur Facebook. Trois à quatre fois plus que l’ensemble des visites directes sur le site ou celles en provenance des moteurs de recherche.
À titre de comparaison, celles issues de Twitter n’étaient que 20 000 sur la même période. Une goutte d’eau comparativement.
Quant aux venues spontanées sur la page d’accueil pour s’informer des dernières publications, soit directement soit après avoir lu un article, elles ne représentent que 32 000 personnes depuis le 1er janvier.
Tout cela pour expliciter qu’en étant amputée du trafic provenant de Facebook, notre audience reculera très fortement. Probablement jusqu’à son niveau du premier semestre 2019. Mais c’est également la progression que nous connaissons depuis plus de trois ans qui marquera un coup d’arrêt durable. On peut le regretter, le déplorer ou le critiquer, mais depuis notre création, la diffusion sur Facebook a été le principal vecteur par lequel nous avons réussi à nous faire connaître en gagnant, mois après mois, de nouvelles lectrices et nouveaux lecteurs. C’est de cette façon que nous sommes passés de quelques milliers à quelques dizaines de milliers de lecteurs entre nos débuts et aujourd’hui. Et même plus d’une centaine de milliers certains mois.
Les recherches d’alternatives, quelles qu’elles soient, s’avèrent complexes en cela qu’elles se heurtent aux usages des internautes dans leur consommation d’informations.
Cet arrêt brutal du développement de notre audience aura aussi un effet délétère sur la progression des dons à notre journal. Or nous avions fait le choix en 2017 d’un média sans publicités, sans actionnaires, et non payant. Cela pour permettre au plus grand nombre un accès libre à ses contenus.
Pour rémunérer notre travail et développer la rédaction, nous avions fait le pari un peu fou de compter sur les dons volontaires de ses lecteurs. Et donc d’accepter finalement de ne pas ou de mal se payer pendant plusieurs années pour la réalisation de Rapports de force.
Dans cette perspective de vivre des dons des lecteurs, notre seule option est de construire une audience la plus large possible pour obtenir des contributions financières plus nombreuses. Là aussi, notre microscopique budget double tous les ans, parallèlement à la progression de notre audience. Sans pour autant atteindre l’objectif de nous rémunérer autrement qu’à la marge pour le moment. En parvenant à maintenir la même progression que ces trois dernières années, nous pouvions imaginer trouver une viabilité financière à l’horizon 2022. Ce qui signifiait : bricoler encore deux années, en plus des trois années dernières nous. Mais si au lieu de progresser, notre audience et notre visibilité reculent, à minima, nous pouvons projeter que la progression des dons se tarisse. Sans elle, l’abnégation et les sacrifices trouveront leurs limites. Et la possibilité d’un média sur les mouvements sociaux réalisés par des journalistes professionnels avec.
La presse indépendante reste un sport de combat
Pour autant, même si nous vous alertons dès maintenant des conséquences à moyen et long terme de cette situation, nous n’allons pas baisser les bras.
Nous étudions toutes les possibilités que nous pourrions mettre en œuvre pour contrecarrer la décision de Facebook de nous bannir de sa plateforme. Une mobilisation de la profession sur les dangers pour la liberté de la presse que fait peser une telle situation, une campagne des lecteurs, des démarches en justice : nous n’excluons rien. Bien sûr, nous vous tiendrons informés de tout cela et vous solliciterons au besoin.
En attendant, nous allons tenter de continuer à faire notre travail, à vous informer, même s’il faut bien l’admettre : cette histoire nous fait perdre beaucoup de temps et nous limite dans nos capacités à traiter l’actualité comme nous le voudrions. D’ores et déjà, nous allons être obligés de différer de quelques jours ou de quelques semaines une campagne de dons que nous projetions de démarrer le 2 novembre et de faire vivre sur les réseaux sociaux jusqu’en décembre. Un premier effet immédiat et très concret.