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Timbre la Poste : Tous engagés avec les Soignants (2020)
Cet été sera plus désastreux encore que les autres pour les sites d’urgence de Creil et de Senlis.
Faute de médecins, l’administration, par la note 2021.100 signée de son directeur, met en place une nouvelle organisation des urgences.
Première observation, cette décision intervient en plein mois de juillet pour une application en Août et septembre, un chef d’œuvre d’anticipation.
Deuxième observation, on ne pouvait surement pas prendre pire décision et nous allons l’exposer.
Mais avant tout la cause du problème. En un peu plus de deux ans ce sont 8 médecins qui ont quitté le service des urgences. Chacun a des raisons personnelles mais l’essentiel de la problématique rapportée reste le refus des conditions d’exercice et la stratégie de l’établissement : « Fermeture de service, manque de lits, reports des problèmes de permanence des soins ou des délais de consultation ou d’hospitalisation sur les urgences etc… »
Les médecins manquants s’ils sont le principal problème, ne sont pas le seul, on a assisté également à de nombreux départs de personnels paramédicaux expérimentés pour les mêmes raisons.
Rappelons d’ailleurs que les urgences sont en grève, dans le cadre d’un mouvement national des hôpitaux, depuis deux ans et demi sans que la logique de restriction budgétaire ne change. Il n’y a eu que le rideau de fumée du « Ségur de la santé ».
Sur la décision de réorganisation : nous assistons à un montage surréaliste de répartition des activités.
Les urgences de Senlis restent officiellement ouvertes mais ne feront que la petite traumatologie, il faudra donc bien faire votre diagnostic avant de vous y rendre. Pour le reste, traumato lourde, médecine, urgence vitale c’est fermé.
Creil fera donc tout le reste.
Mais quid de la petite traumatologie qui devrait donc être réorientée vers Senlis ?
Et vers qui les urgences pédiatriques (basées à Creil) se tourneront elles pour la prise en charge de la "petite traumato" des enfants ?
Quant à charger encore le site de Creil déjà saturé …
Dans un tel contexte de crise, et sans justifier en aucune façon la politique qui nous a conduits à cette situation, la seule solution viable aurait été d’avouer la fermeture estivale du site de Senlis et de regrouper les forces restantes sur Creil.
D’ailleurs, c’est la solution qui avait été majoritairement retenu par les soignants. Un vote des médecins a même eu lieu en ce sens. Mais cette décision aurait exposé publiquement l’ampleur des difficultés. On préfère donc bricoler une organisation que nous considérons aberrante sur le plan professionnel plutôt que d’avouer la situation de crise.
Étant déjà surchargé, Creil devra absorber le secteur de Senlis en plus, ce fonctionnement entraînera un allongement du temps pour être soigné, une dégradation de la qualité des soins avec encore plus d’hospitalisations brancards par manque de lits d’aval.
Les équipes déjà épuisées, nous craignons une surcharge de travail conséquente et dangereuse.
Cerise sur le gâteau, une des deux lignes de SMUR (celle de Creil) médicalisée du territoire est supprimée, les délais d’intervention à domicile s’en ressentiront évidement.
Apparemment, la gestion nationale désastreuse de la crise du covid a fait des émules.
Rédaction :
Les Blouses Blanches des Urgences de Creil
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