T comme TRAVAIL :
« Sous le Front Populaire, non seulement les artistes se rendent dans les entreprises occupées, mais la CGT milite pour que les travailleurs se déplacent dans les théâtres, les salles de concert ou de cinéma, les expositions.
En fait, notre syndicat ne fait que poursuivre une action culturelle déjà initiée au temps des « Bourses du Travail »
En cette année 1936, d’août à décembre, est tournée le film de Jean Renoir, la Marseillaise, « première expérience d’un film pour le peuple par le peuple ». Ce film est financé par une souscription publique et par la CGT. Des billets de deux francs donnant droit à une projection du film sont placés par les militants de la CGT, grâce à une propagande active, couronnée par un grand meeting le 12 mars 1937, présidé par le ministre Jean Zay.
Le mouvement syndical fournit en fait l’essentiel des fonds et des techniciens et figurants. Lors des scènes de foule, à Fontainebleau, trois mille syndiqués de la CGT jouèrent les figurants bénévoles. » (1)
G comme GENESE :
« L'Exposition internationale « Arts et Techniques dans la Vie moderne » de 1937 avait mis à jour le besoin national d'organiser une compétition internationale de films mais un évènement parallèle va précipiter la décision de l'État français.
À la fin des années 1930, choqués par l’ingérence des gouvernements fascistes allemand et italien dans la sélection des films de la Mostra de Venise - inaugurée par le docteur Joseph Goebbels -, Emile Vuillermoz et René Jeanne proposent à Jean Zay, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, l'idée d'un festival international de cinéma en France.
Le ministre est fortement intéressé par la proposition, les Américains et les Britanniques, qui boycottent la Mostra de Venise, l'encouragent dans ce sens : Harold Smith, le représentant à Paris de la Motion Picture Association of América et Neville Kearney, le représentant du cinéma britannique, s'engagent personnellement.
Plusieurs villes sont alors candidates, notamment Vichy, Biarritz et Alger c'est Cannes, dont Henri Georges Clouzot apprécie l’agrément et l’ensoleillement, qui remporte les suffrages. » (3)
C comme CANNES :
« La première véritable édition du Festival se déroule après la guerre, du 20 septembre au 5 octobre 1946 dans l'ancien casino de Cannes, entre autres, à la volonté de Philippe Erlanger alors chef du service des Echanges artistiques au ministère des Affaires étrangères et à celle de la Confédération Générale du Travail, dont le réalisateur Louis Daquin est alors membre.
La première édition du Festival est financée par le Ministère des affaires étrangères et la ville de Cannes. À l'origine le Festival devait concurrencer la Mostra de Venise mais l'Italie et la France étant redevenues des nations amies, il fut un temps pressenti que le Festival de Cannes et la Mostra de Venise aient lieu chaque année en alternance.
Ce contrat ne fut pas annoncé au départ. La France et les professionnels du cinéma n'étaient donc pas au courant des échanges entre la Mostra et le Festival. En 1946, le Festival avait eu un succès considérable et les cinéastes attendaient avec impatience l'édition suivante en 1947. Cependant, lorsque cet accord sera dévoilé, il sera vivement critiqué, certains parleront même d'« une capitulation de la France », ainsi que l'annoncera le magazine La Technique Française.
L'édition suivante, en 1947, se fera de justesse, le Palais des Festivals étant construit par le syndicat CGT dans la précipitation, le gouvernement de l'époque refusant de financer un Festival annuel.
C'est pour cela que la Fédération CGT des syndicats du spectacle siège au conseil d'administration du Festival encore aujourd'hui. » (3)
G comme GESTION :
Le 16 Mai 1946 – impulsé par le ministre du Travail, Ambroise Croizat – est enfin acté la naissance des premiers Comités d’entreprise et équivalents.
Imposée au patronat et au gouvernement aux lendemains de la Libération, grâce à un rapport de force favorable, la création des CE autorise aux salarié-es à ne plus déléguer la gestion de leurs affaires économiques, sociales, culturelles.
Plus tard, afin de faire connaître largement le rôle et les missions de ces comités d’entreprise, la CGT commande à la Coopérative Générale du Cinéma un film, les Copains du dimanche. Ce film relate l’histoire de jeunes ouvriers travaillant dans une usine d’aviation. Leur rêve ? Avoir un avion et pouvoir voler. Comment y arriveront –ils ? Ils ne gagneront pas au loto, ils ne braqueront pas une banque, mais grâce au comité d’entreprise ils arriveront à réaliser ce rêve. Ce film réunit une pléiade de bons acteurs : Jean Paul Rousillon, Paul Frankeur, Michel Piccoli, et, dans le rôle principal, un tout jeune comédien qui participait là à son premier film : Jean Paul Belmondo.
« Si vous ne saviez pas que ce populaire acteur était une découverte de la CGT, c’est parce que le film a été, à l’époque boycotté par les distributeurs qui se sont arrangés pour qu’il reste en boite pendant trente deux ans »(2)
« Malgré la censure exercée à l’encontre de ce film, les comités d’entreprise ne sont pas restés anonymes, et ils ont forgé un solide patrimoine d’expériences et d’actions culturelles. » (1)
T comme TEMPS :
A l’occasion de sa 64ème édition, présidée par le grand Robert de Niro, le Festival de Cannes a pour invité d’honneur Jean Paul Belmondo à qui il rendra hommage le 17 mai.
Hormis les deux précédentes fois où il gravit officiellement, « en compétition » et sous les sifflets, les marches du palais en 1960 et en 1974, ce jour là le célèbre acteur se souviendra peut-être du temps où il fit la Une de la Vie Ouvrière, ce journal militant imprimé avec un tirage supérieur à celui de « Paris Match », en décembre 1964.

Il était alors président du SFA-CGT, le syndicat français des acteurs. Comme Gérard Philipe à son époque, Belmondo était déjà une star, une vedette internationale quand il accepta cette responsabilité pour les copains, les amis, « les 20 000 comédiens et acteurs de cinéma traités comme des marques de pâtes dentifrice, qui ont besoin d’être syndiqués et de se battre pour la Vie » ( 4)
S comme SELECTION :
Chaque année, des différents Festivals de Cannes, sont mis en lumière de véritables chefs d’œuvre, où la rentabilité de la pellicule n’a pas été le premier soucis du réalisateur et des producteurs, et si nul primé n’est semblable à un autre, aucun ne laisse indifférent …
Maintenant plutôt que de retenir et vous inviter à visionner une seule de ces Palmes, n’hésitez pas – ci-après - à nous communiquer ou à nous commenter votre propre favori !
(1) sources : « La Culture au travail » de Jean Michel Letterrier
aux éditions Messidor.
(2) source : Les Cahiers de l’institut d’histoire sociale de la CGT n°32
(3) Sources : D’après les données de Wikipédia
(4) Source : NVO .La Nouvelle Vie Ouvrière. mai 2011




