1 °) Faut-il sauver le soldat Jules André Peugeot ?
En ce mois de juin, à l’occasion du salon philatélique «PLANETE TIMBRES», au parc floral de Vincennes, nous donnons ici quelques nouvelles philatéliques.
Ce rendez-vous printanier, prisé autant par les philatélistes initiés que par les jeunes écoliers et leurs professeurs, est - rappelons le - quelque peu financé par l’action du CNEP, soit par la Chambre syndicale des Négociants et Experts en Philatélie.
Ledit financement se caractérise par la diffusion et vente de différents « Blocs feuillets ».
Ces « blocs feuillets » sont évidemment utilisables pour affranchir notre courrier.
Cette année 2014, étant consacrée au centenaire de la guerre 1914-1918, la CNEP a choisi de réveiller le souvenir du caporal Jules André Peugeot.
tiré à 15 000 exemplaires. illstration : Aurelie Barras
Ce soldat, dans un récit historique officiel a été déterminé comme le 1ermort de la guerre 14-18.
Or d’autres recherches ont établi que cette chronologie morbide pouvait être contestée en différents lieux.
Ainsi a-t’-on trouvé la mort du chasseur Emile Fortuné Pouget, tué le 4 août 1914.
Reste que l’un a été tué avant la déclaration de guerre, il s’agissait du caporal Peugeot, tué le 2 août et l’autre après.
A Froidmont, une plaque indique encore le souvenir du jeune Pouget.
Quant au monument dédié au caporal, érigé de nouveau en 1959, il est lui – Colossal – révélateur d’une volonté à inscrire le récit officiel d’une mort dans l’esprit collectif. (1)

Ce récit soulignait officiellement l’acte d’agression de l’Allemagne à l’encontre de la France.
Un récit genre « syndrome Pearl Habor » avant l’heure, réalisé pour le peuple français de 1914, surpris, lit-on aujourd’hui dans notre presse régionale de cette entrée en guerre ! (2)
Or pour nous, la guerre de 14-18 n’a pas été une réponse à une attaque illégale, d’un camp contre un autre.
Aussi rendre hommage en 2014 à ce premier mort français de 14-18 ne peut en aucun cas rendre mémoire à l’ensemble des victimes de cette boucherie industrielle de 14-18, mise en oeuvre par des princes, des gouvernements, et des généraux autacirques et irresponsables.
L’Humanité doit se souvenir de ses propres méfaits - non pas dans la repentance - mais pour réellement s’organiser de telles façons que les rouages meurtriers des guerres – avec ou sans frontière – disparaissent enfin de nos mœurs effectives, de nos prétextes économiques, ainsi que de nos délégations intellectuelles.
2° ) Ils ont tué Jaurès !
S’il y a un siècle se déclenchait effectivement un engrenage de drames.
Comment alors ne pas commémorer Jean Jaurès qui la veille de ce dernier, a œuvré dans la perspective d’une union européenne des ouvriers ?
Jean Jaurès a en effet lutté ardemment pour la Paix alors que le spectre d’un conflit généralisé planait bel et bien au-dessus du continent.
En ce mois de juin 2014, remercions donc la Poste qui a inscrit à son catalogue une nouvelle « timbrification gravée » du militant laïc, syndicaliste, dreyfussard, et membre fondateur de la SFIO.
gravure : Louis Boursier. Premier jour : le 17 juin 2014
Pour cet homme, au début de 1914, les pièces étaient certes en place, mais rien ne condamnait l’Europe et la France à ce qu’elles étaient sur le point de vivre.
Il faut donc se garder de tout déterminisme lorsque l’on étudie 14.
« Parce que ce serait la mise à mort de l’espoir de croire que tout est écrit. »
Soulignons également que la veille de son assassinat par Raoul Vilain, Jean Jaurès oeuvrait encore contre la relation diplomatique franco- russe qui – elle - visait à ne rien faire contre cette entrée en guerre.
(Cf documentaire télévisé : Qui a tué Jaurès ? )
Quant à déterminer plus amplement le rôle de Vilain, rappelons qu’en 1919, il eut son procès.
Apprenons alors qu’il fut acquitté !
Soit jugé non coupable de son crime par ce qu’il n’avait non pas tué un homme mais un traître à la patrie !!!
Un récit présent dans notre bibliothèque
3° ) Libérez Cottin
D’objet philatélique en objet postal, nous nous devions de publier ci –après la carte postale d’Emile Cottin.
Elle raconte cette autre histoire d’après guerre, un brin local:
Cottin était Creillois de naissance.
Adulte, militant anarcho-syndicaliste, il pensait déjà que Clémenceau allait nous conduire à la reprise des hostilités.
En février 1919, Il opéra donc un attentat contre ce premier ministre français.
Une seule balle blessa le "Tigre".
Cottin fut arrêté, puis condamné à Mort.
Vilain, l'assassin de Jaurès, ayant été gracié, un fort mouvement de solidarité avec Emile Cottin, dit MILOU, se développa dans le Monde ouvrier.
La grâce présidentielle de Poincarré fut déclarée 42 jours après l'emprisonnement d'Emile.
Après une longue période de liberté surveillée, en 1936, Emile COTTIN s'engagea pour l'Espagne, pour lutter contre le fascisme franquiste; il y trouva la mort...

... en attendant l'émission, le 4 août 2014, d'un timbre pour célébrer le centenaire de la mobilisation générale, objet pour relancer le débat sur l'Union sacrée et l'attitude de la CGT en 1914, recevez nos salutations philatéliques.
Signé : le Vaguemestre, autre facteur local
(1) En 1916, le président Poincaré remettra aux veuves, parents ou enfants de disparus, des diplômes de carton appelés diplôme « Jules André Peugeot »
(2) Lire le supplément du Courrier Picard du juin 2014
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