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Médialogue

1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 16:58
De l'organisation internationale du Travail.

Timbre de 1969

Organisation Internationale du Travail 1919-1969

Albert Thomas
Député et ministre socialiste né en 1878 à Champigny sur Marne, mort en 1932.
Il est l’un des fondateurs de l’O.I.T et fut président du Bureau International du travail de 1919 à 1931.

 

Timbre dessiné et gravé par Claude Haley

Le timbre représente le mémorial à Genève, une sculpture de Landowski.

Oblitération 1er jour à Paris

Premier jour le 10 mai 1969

Vente générale le 12 mai 1969
Retiré de la vente le 27 février 1970

Valeur faciale : 0,70 F

Affranchissement de la lettre simple pour l´étranger

Timbre horizontal  
Taille image : 36x22 mm Dentelure 13

Couleur : sépia, brun et bleu foncé

Imprimé en taille douce rotative 3 couleurs à 50 timbres par feuille sur presse N° 7

Vendu à 9,26 millions d´exemplaires


L’Organisation internationale du travail ou OIT (en anglais : International Labour Organization, ILO) est depuis 1946 une agence spécialisée de l'ONU.
Sa mission est de rassembler gouvernements, employeurs et travailleurs de ses États membres dans le cadre d'une institution tripartite, en vue d'une action commune pour promouvoir les droits au travail, encourager la création d'emplois décents, développer la protection sociale et renforcer le dialogue social dans le domaine du travail. 


Elle est fondée en 1919, à la suite de la Première Guerre mondiale, dans le but de « poursuivre une vision basée sur le principe qu'il ne saurait y avoir une paix universelle et durable sans un traitement décent des travailleurs ».

En 1946, l'OIT devient la première agence spécialisée des Nations unies.

En 2012, l'Organisation regroupe 183 États membres.
Son siège est situé à Genève, en Suisse, et son directeur général est le Britannique Guy Ryder depuis le 1er octobre 2012.

L'organisation est distinguée en 1969 par l'attribution du prix Nobel de la paix.

L'O.I.T à Paris :
http://www.ilo.org/global/lang--fr/index.htm

De l'organisation internationale du Travail.
L'O.I.T en 2015 ?
Élu membre du groupe des travailleurs au sein de l’Organisation internationale du travail (OIT), dont la 104 e conférence se tient à Genève du 1er au 13 juin, Bernard Thibault explique le choix fait par celle-ci de lutter contre le travail informel ou non réglementé. Pour l’ex-dirigeant de la CGT, il est grand temps que l’Union européenne et les multinationales, véritables intouchables, rendent des comptes.

Bernard Thibault : "On ne peut pas améliorer le sort des salariés dans un pays si, partout ailleurs, leurs droits régressent"

Entretien réalisé par Pierre-Henri Lab

Vendredi, 29 Mai, 2015

Humanité Dimanche

 


 

 

De l'organisation internationale du Travail.

HD. Voila presque un an que vous siégez au conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail (OIT). Que retirez-vous de cette expérience ?

BERNARD THIBAULT
. Je vis cet engagement comme un prolongement des différents mandats que j’ai exercés au sein de la CGT. L’OIT a pour rôle de produire des conventions internationales du travail. Il en existe 200 qui constituent en quelque sorte un Code du travail mondial. Elle veille à leur application et produit analyses ou expertises sur ce que sont les évolutions du monde du travail, au demeurant plutôt inquiétantes. Se pencher à l’échelle internationale sur le droit des travailleurs permet d’agir contre les grandes inégalités qui peuvent exister d’un continent à l’autre et d’un pays à l’autre. Cela permet aussi de comprendre que l’avenir des droits sociaux à l’échelle planétaire se joue en grande partie en Europe. L’Europe devrait, au même titre que les États, être responsable devant l’OIT. Les attaques qui y sont portées contre les droits des salariés y sont inacceptables. Dans le cadre des plans « de redressement », l’Union européenne a demandé à des pays comme la Grèce ou la Roumanie de se mettre dans l’illégalité en suspendant l’application de certaines conventions. Certains pays européens n’ont pas ratifié la totalité des conventions de l’OIT. Mais, malgré le fait que les droits des travailleurs soient malmenés ou régressent en Europe, ils sont sans commune mesure plus développés que n’importe où ailleurs. Ils constituent à ce titre une référence. Le bras de fer qui nous oppose au patronat en Europe va être déterminant. Soit il débouchera sur un alignement par le haut du droit international, soit, au contraire, comme l’exigent les libéraux au nom de la compétitivité, il débouchera sur un nivellement par le bas.

HD. Siéger à l’OIT a renforcé vos convictions internationalistes ...

B. T
. Aujourd’hui, il est évident que, dans le cadre d’une économie mondialisée, on ne peut pas prétendre améliorer le sort des salariés dans un pays si, partout ailleurs, leurs droits et leurs acquis régressent. Il n’y a pas de progrès social possible dans une zone géographique donnée si l’économie mondiale continue de fonctionner sur la base du moins-disant social. Il n’y a pas d’autre solution que d’améliorer les droits et la condition de tous les travailleurs. L’OIT a d’ailleurs été créée pour cela en 1919. Parmi les considérants validés par les États fondateurs, parmi lesquels la France, figurait l’idée que le travail n’est pas une marchandise. On parle pourtant encore aujourd’hui de marché du travail. L’idée avancée aussi à l’époque selon laquelle toute zone de pauvreté, où qu’elle se situe dans le monde, est porteuse de risque de conflit et de guerre pour le reste du monde reste d’actualité.

HD. Le cadre national n’est-il pas suffisant pour développer le droit du travail ?

B. T. On le mesure aujourd’hui, le cadre national trouve ses limites en matière d’efficacité. Beaucoup de pays sont dépourvus de législation et d’administration du travail qui leur soient propres. Pour les travailleurs de ces pays, les conventions de l’OIT qui protègent les libertés fondamentales, comme le droit de se syndiquer ou de faire grève, sont la seule source de droits. Mais là encore pour être applicables, il faut que les conventions soient ratifiées et transcrites au plan national. Aujourd’hui, dans une économie toujours plus mondialisée, le cadre national n’est pas suffisant. 5000 multinationales possédant 450 000 succursales et employant 200 millions de travailleurs donnent le la en matière de salaires, de protection sociale, de coûts et de régimes de production. Si la législation du travail n’évolue que dans un cadre national, elle ne pourra pas empêcher la mise en concurrence des travailleurs à l’échelle de la planète. Il faut renforcer les prérogatives de l’OIT, en venir au principe de sanctions internationales. N’en déplaise aux partis racistes et nationalistes comme le FN.


HD. Le patronat a finalement cessé de paralyser l’OIT dans le cadre d’une offensive contre le droit de grève. Comment la situation s’est-elle débloquée ?

B. T. La convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale reconnaît implicitement le droit de grève. Il ne saurait en effet y avoir de négociation collective fructueuse sans la possibilité de recourir à la grève. Alors qu’il n’avait jamais contesté cette interprétation, le patronat s’est mis, il y a deux ans, à considérer que le droit de grève n’était acceptable que dans les pays qui l’ont inscrit expressément dans leur droit, comme la France l’a fait dans sa Constitution. Pour imposer ses vues, il a bloqué le fonctionnement de l’OIT en l’empêchant de produire son rapport annuel. La situation s’est débloquée après que le collège des États a déclaré que « le groupe gouvernemental reconnaît que le droit de grève est lié à la liberté syndicale, qui est un principe et un droit fondamentaux du travail de l’OIT. Il reconnaît en outre expressément que, sans protection de ce droit de grève, la liberté syndicale et, en particulier, le droit d’organiser des activités pour promouvoir et protéger les intérêts des travailleurs ne peuvent être pleinement garantis». C’est une prise de position forte à mettre au compte de la mobilisation mondiale à l’appel de la Confédération syndicale internationale (CSI), le 18 février. L’offensive est donc temporairement stoppée, mais il faut rester vigilant. Cette attaque contre le droit de grève montre que le patronat est engagé dans une logique de marchandisation des droits humains similaire à celle mise en œuvre dans le cadre de la mise en concurrence des travailleurs à l’échelle de la planète pour abaisser le prix du travail.


HD. La 104 e conférence de l’OIT, qui se déroulera à Genève du 1 er au 13 juin, va donc pouvoir se pencher sur les cas les plus flagrants de violation des conventions internationales ?

B. T
. La conférence va sélectionner une liste de 25 cas de litige. Le ME- DEF souhaite inscrire la France au titre de la convention 122 sur l’ emploi qui fait obligation aux États « d’agir par des politiques actives pour le plein-emploi », c’est un acte sans précédent. Le patronat tente d’instrumentaliser l’OIT et de transformer sa conférence internationale en tribune pour pointer l’inefficacité de la politique de l’emploi en France. Bien sûr, il s’agit de dire que le gouvernement ne va pas assez loin dans la libéralisation du marché du travail. La démarche du MEDEF n’est pas une démarche juridique, c’est une démarche politique. Bien que largement exaucé par ce gouvernement, il n’est jamais rassasié. Les employeurs tentent de dénaturer l’OIT. Ils veulent transformer cette institution chargée de la protection et de la promotion des droits des travailleurs en un outil politique au service des entreprises. Ils ont la même approche du Code du travail, dont ils essaient de gommer le rôle de protection du salarié.


HD. Pourquoi l’OIT a-t-elle décidé de s’attaquer aussi à la question de l’économie informelle ?

B. T. L’adoption d’un texte sur « la transition de l’économie informelle à l’économie formelle » est à l’ordre du jour de la conférence. Aujourd’hui, 1 travailleur sur 2 n’a pas de contrat de travail. Au Sénégal, 85 % sont dans ce cas. En Inde, ils sont 95%. Cela veut dire que ces travailleurs ne bénéficient d’aucun droit, d’aucune protection. Dans les économies informelles, il n’existe ni règle ni législation pour encadrer le travail. Cela engendre l’absence de contestation et de revendication puisque le travailleur n’est même pas répertorié. Il est un « clandestin » dans son entreprise. Cette clandestinité interdit le versement de cotisations sociales ou le prélèvement d’impôt. Quand 85 % de l’économie est informelle, c’est autant de ressources en moins pour l’État. Cela veut dire de grandes difficultés, voire l’impossibilité de se doter des infrastructures nécessaires en matière de santé, d’éducation, de transport ou de protection sociale. La conférence va donc débattre des moyens de sortir de cette économie informelle, de la responsabilité des États, y compris de ceux qui entretiennent des relations commerciales avec les pays dont l’économie est informelle et qui en tirent profit. Nous allons aussi débattre de la responsabilité des multinationales qui comptent parmi les principaux bénéficiaires. Le forum mondial convoqué par l’OIT après la catastrophe du Rana Plaza a mis en évidence la responsabilité du Bangladesh, qui doit se doter d’une législation et d’une administration du travail pour protéger ses travailleurs. Mais cet État est très dépendant économiquement des donneurs d’ordre que sont les multinationales. Aujourd’hui, seuls les États sont attaquables devant l’OIT. Il faut, à l’avenir, que les entreprises rendent aussi des comptes et notamment les plus grandes dont certaines sont plus puissantes économ iquement que nombre d’États. Certaines multinationales parlent de « responsabilité sociale » et adoptent des codes de bonne conduite. Cela n’est sans doute pas à rejeter, mais cela ne peut pas se substituer à un contrôle d’ordre public national et international.


HD. Le 1 er Mai dernier, vous avez déclaré qu ’« il y a trop de syndicats en France». Mais cette diversité est aussi révélatrice de conceptions différentes, y compris en matière de syndicalisme. Comment les surmonter ?

B. T
. Certes, il y a des différences d’appréciation ou de positionnement sur telle ou telle question mais, dans les faits, les différences s’estompent quand on en vient à l’essentiel. Par exemple, quand une usine ferme, elle ferme pour tous les salariés. Dans ces circonstances, en général, les salariés sont unis et leurs syndicats se rassemblent. Je ne crois pas qu’il existe autant de conceptions du syndicalisme qu’il y a de syndicats. Il n’y a pas 8 conceptions syndicales différentes dans notre pays.


HD. La CGT est l’héritière d’un syndicalisme de classe et de transformation sociale ...

B. T
. Bien sûr, la CGT a très tôt adhéré au principe d’une opposition fondamentale entre la logique du capital et les aspirations de ceux qui n’ont que leur travail pour vivre.

HD. Et d’autres, comme la CFDT, considèrent que le syndicalisme doit servir à élaborer des consensus avec le patronat sans chercher à remettre en cause l’ordre social ...

B. T
. Et pour autant, on rencontrera des syndicalistes à la CFDT, de FO, de la FSU et y compris dans les rangs de la CFTC, qui, dans leurs pratiques, sont très proches de la façon d’agir des militants de la CGT. Il m’est arrivé de rencontrer des syndicalistes CFTC très vindicatifs, y compris contre leur propre syndicat car s’estimant « trahis » par un accord signé par le passé. Je ne crois pas que l’on puisse identifier les militants syndicaux comme partageant telle ou telle conception du syndicalisme car appartenant à tel ou tel syndicat. Dans un même syndicat, y compris la CGT, cohabitent des conceptions différentes du syndicalisme. Un syndicat qui a pour vocation de représenter tous les salariés doit accepter cette diversité. Les scissions qui émaillent l’histoire du syndicalisme ont d’abord des origines politiques.


HD. Le syndicalisme rassemblé ne conduit-il pas à un certain affadissement revendicatif ?

B. T
. Aujourd’hui, les divisions du syndicalisme nuisent à son utilité et son efficacité. Il n’existe aucun syndicat qui puisse donner le la à lui seul. Le syndicalisme rassemblé, c’est identifier les points d’accord entre syndicats sur lesquels on peut agir ensemble.

HD. L’affaiblissement du syndicalisme n’est-il pas dû à un affaiblissement idéologique ?

B. T
. Je crois que les difficultés du syndicalisme sont moins le fait de ses idées que d’un manque de capacité d’organisation d’un salariat qui s’est profondément transformé. Nous n’avons pas pris les mesures structurelles permettant de nous adapter à ce salariat précarisé, atomisé ou travaillant à distance. C’est pourtant possible. Il existe par exemple des pays où les syndicats parviennent à organiser des travailleurs non salariés. En Inde, il existe des syndicats pour « les travailleurs de rue » qui, par définition, n’ont aucun statut!

HD. La CGT vient de connaître une crise assez grave. Celle-ci n’est-elle pas révélatrice de la difficulté de faire vivre un syndicalisme confédéré ?

B. T
. Je souhaite que le prochain congrès soit l’opportunité de débattre des enjeux stratégiques auxquels est confrontée la CGT. Aborder ces enjeux par le biais de querelles de personnes serait mortifère. Ce qu’attendent les adhérents de la CGT, c’est de pouvoir discuter de la démarche syndicale, de nos objectifs ou des moyens d’améliorer le rapport de forces. Il nous faut débattre pour être plus solidaires dans la CGT. Dans la crise intense que traverse le salariat, il existe le risque que le syndicalisme s’enferme dans un corporatisme étroit. Or, le choix de la CGT, c’est celui d’un syndicalisme confédéré. L’ambition qui a prévalu lors de sa création, il y a 120 ans, c’est une ambition unitaire. Il n’y aura pas d’amélioration pour une partie des salariés si, pour la majorité d’entre eux, c’est le recul social qui domine. C’est vrai en France comme au plan mondial.





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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 15:31

De la "mise en index" à la pratique du "sabotage", vous apprendrez - ou redécouvrirez - que lors du 3ème Congrès de la CGT, en 1897 à Toulouse, les participants votèrent à l'unanimité pour la mise en œuvre de ces pratiques révolutionnaires.

La lecture du compte rendu du congrès vous révèlera également quelques discussions sur les bienfaits et méfaits du pourboire alloué - ou non - aux travailleurs limonadiers. ( p153)

En page 157, l'Union des syndicats du département de la Seine - quant à lui - prépare de futurs combats :
"L'alcoolisme étant un des moyens employés par la bourgeoisie qui nous exploite, pour avilir, dégrader et dominer la classe ouvrière, nous proposons que la question de l'alcoolisme et ses conséquences, au point de vue corporatif et social, soit mise à l'ordre du jour du prochain Congrès national corporatif."

Rappelons qu'en 1877, Emile Zola dans son roman "L'Assommoir" contait les déboires du zingueur Coupeau et de son épouse Gervaise.

Le sujet était donc bien sensible dans divers foyers de France.


Commission Boycottage au Congrès CGT

Nous retiendrons également de cette lecture, la création d'un organe officiel, autorisant enfin la publicité des luttes, l'appui moral et la force d'un journal, organe des revendications ouvrières.

Commission Boycottage au Congrès CGT

Emile Pouget, à l'initiative de la motion sur le "boycottage et sabotage", en devint le rédacteur en chef.
Plus après, l'organe officiel d'expression CGT est devenu " Le PEUPLE".

Quant à Pouget, ses écrits sont aujourd'hui édités au format "E-pub",
Du "Sabotage" à la "Chartes d'Amiens" ses mots marqueront nos 120 ans d'Histoire.

Lire ou écouter l' Emile ( voire d'autres classiques) un lien :
http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/pouget-emile-le-sabotage.html

Quant à lire les divers travaux de nos différents Congrès, le site de l'Institut d'Histoire Sociale, vous attend sur ce lien :
http://www.ihs.cgt.fr/IMG/pdf_03_-_1897_-_Congres_Toulouse.pdf

Quant à aider au travail de mise en mémoire de notre activité syndicale,
créer un I.H.S CGT dans l'Oise, voilà donc un autre outil à mettre en
œuvre!



Merci de vos commentaires.
Alain

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 11:08

Le vote de la loi sur de nouveaux indicateurs de richesse alternatifs au PIB est une bonne nouvelle.
A l’ UL de Creil, dans chacun de nos stages de niveau 1, nous nous efforçons de sensibiliser nos militants à travailler et à médiatiser les travaux du forum FAIR.
(voir nos liens sur internet dans la colonne de droite à l’écran.)

Dans chaque session, Il apparaît que même une fois décrypté, le PIB – somme des plus values additionnées aux prélèvements sociaux, fiscaux et salaires de toutes les sociétés publiques et privées d’une nation – reste une valeur qui ne dit absolument rien du comment on vit dans le pays collé à cet indice !

Aujourd’hui, la nouvelle loi ouvre la possibilité de contrebalancer et de compléter le PIB. Mais les indicateurs pourraient être trop nombreux pour être efficaces.

Nous reproduisons ici l’interview de Dominique Méda réalisé dans la revue «Alternatives économique » et sur le site www.altercoplus.fr



DOMINIQUE MEDA Sociologue (Paris Dauphine)
  co-présidente du Forum pour d'autres indicateurs de richesse (FAIR)

D'autres indicateurs de richesse en votation

Après l’Assemblée nationale, le Sénat a adopté le 2 avril dernier la proposition de loi sur les nouveaux indicateurs de richesse.
Présenté par la députée écologiste Eva Sas, le texte prévoit que ces indicateurs alternatifs au PIB guident les politiques publiques, mais il ne les définit pas. Une commission de concertation, coprésidée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) et France stratégie, s’est réunie pour les déterminer.
AlterEcoPlus revient avec Dominique Méda sur les effets et les enjeux de cette loi.

Quel est l’impact de cette loi ?

Cela dépendra de l’usage qui en sera fait ! C’est une formidable opportunité, parce que ce texte ouvre enfin la possibilité de contrebalancer et de compléter le PIB, qui reste l’indicateur majeur de référence dans le débat social. Cette idée est suggérée depuis la fin des années 1990 (1).

Cet article ouvre enfin la possibilité de contrebalancer et de compléter le PIB.

C’est la seule manière d’introduire dans notre débat public, ainsi que dans la conduite des politiques publiques, de nouvelles mesures de référence. On va enfin pouvoir regarder à côté des évolutions du PIB – dont on scrute les moindres décimales –, celles de la pollution (par exemple les gaz à effet de serre, l’empreinte carbone…) et de la santé sociale (les inégalités dans les revenus, les conditions de travail, de logement…). Passer par la loi pour organiser la promotion de ces nouveaux indicateurs est symboliquement important.

Quels sont les indicateurs retenus par la commission de concertation ?

Pour l’instant, il y aurait une dizaine d’indicateurs, qui couvriraient des domaines assez larges, allant des inégalités de revenus et d’éducation à l’espérance de vie à la naissance, en passant par la prise en compte de la dette publique. Mais les choses ne sont pas encore définitivement arrêtées. Après les réunions de la commission de concertation doit encore intervenir un vote du Cese.

Une dizaine d’indicateurs, n’est-ce pas trop ?

C’est en effet beaucoup. Si le nombre d’indicateurs est trop grand, il y a un très gros risque que l’information ne soit plus lisible ou pertinente. Ou que les indicateurs soient trop proches du PIB et ne nous donnent pas les informations nécessaires. Personnellement, j’ai toujours pensé qu’un ou deux indicateurs seraient suffisants pour faire contrepoids au PIB : un qui mettrait en évidence les évolutions de notre patrimoine naturel (empreinte carbone, émissions de gaz à effet de serre…) et un autre qui ferait de même pour notre santé sociale (indice de santé sociale notamment, calculé par Florence Jany-Catrice).

Si le nombre d’indicateurs est trop grand, l’information ne sera plus lisible ni pertinente.
Il s’agirait d’indicateurs synthétiques avec tout ce que cela suppose comme choix de pondération et de risque de compensation d’une dimension par les autres.

Mais c’est la seule manière de faire contrepoids au PIB, comme cela avait été fait par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) lors de l’élaboration de l’indice de développement humain (IDH), qui prenait bien en considération la dimension sociale des évolutions mais ne comportait pas de dimension environnementale. Le fait de pouvoir opposer un seul chiffre au taux de croissance du PIB, un chiffre unique synthétisant une information d’une autre nature que le PIB, avait permis à cet indicateur d’avoir un très grand succès. Je crains que l’on ne perde ce caractère synthétique avec le tableau de dix indicateurs.

Le choix même des indicateurs ne va pas de soi. Quels sont les problèmes soulevés ?

Au sein du Fair, nous sommes par exemple très opposés à un indicateur de satisfaction subjective qui permet ensuite de faire des corrélations avec tout et n’importe quoi : en témoigne la multiplication des travaux des économistes standard qui mettent en relation le taux de satisfaction de la vie ou le « bonheur » avec le chômage, les institutions, la confiance, la culture, l’âge… Le Fair est très attaché à la dimension collective et objective de ces indicateurs A l’inverse, nous sommes très attachés à la dimension collective et objective de ces indicateurs : il s’agit de montrer ce qui est nécessaire pour que notre société dure, qu’elle ne se résolve pas en atomes, qu’elle ne perde pas sa substance. Là encore, il nous semble qu’une délibération publique approfondie sur ce qui constitue notre (nos) bien(s) commun(s) est préférable à des agrégations de points de vue individuels sur le bonheur subjectif. Nous sommes aussi opposés à ce que la dette publique, qui a été évoquée, fasse partie des indicateurs : on voit bien que la conception sous-jacente à cette vision est l’idée qu’il y a un ensemble de « capitaux », financier, productif, naturel, humain, dont il faut suivre les évolutions. C’est une conception faible de la soutenabilité qui ne met pas l’accent sur les urgences absolues : le patrimoine naturel, la cohésion sociale, qui, s’ils disparaissent, font disparaître avec eux la société.

Les citoyens sont-ils suffisamment consultés ?

La consultation des citoyens est la marque de fabrique du Fair, qui s’est créé au moment de la commission Stiglitz, en 2008, pour affirmer qu’il n’était pas possible de laisser une commission d’experts (quasi uniquement composée d’économistes de surcroît) décider de ce qui compte pour que nos sociétés perdurent dans le temps.

Nous craignons que le moment démocratique soit esquivé, même si l’implication du Cese est significative Nous craignons que là encore, le moment démocratique soit esquivé, même si l’implication du Cese est significative.

Il y aura, si nous avons bien compris, une consultation d’un panel de citoyens non pas sur le choix des indicateurs mais pour leur demander d’indiquer ceux qui leur paraissent les plus importants. Ce moment de choix démocratique est déterminant. Le Cese lui-même soutenait pleinement cette idée dans le rapport qu’il avait consacré à ces questions en 2009.


Les indicateurs doivent être remis lors du dépôt du projet de loi de finances. N’est-ce pas trop tard pour qu’ils soient réellement pris en compte ?

L’idée, me semble-t-il, est de disposer des données les plus fraîches possibles. Je crois néanmoins que l’essentiel est de disposer de temps pour discuter des évolutions et pour en tirer des propositions d’évolution des politiques publiques.

Comme avec le PIB, il faudrait pouvoir éviter les débats sur la décimale et se donner la possibilité d’engager de véritables bifurcations des politiques publiques. Ce qui importe est le sens des évolutions : disposer de chiffres, même un peu grossiers, mettant en évidence les tendances générales de nos émissions de pollution et de notre santé sociale pour mener un débat approfondi sur la manière d’améliorer ces tendances me semble plus important que de disposer du chiffre le plus frais, mais trop tard pour réorienter les politiques publiques.


Concrètement, que se passera-t-il si des indicateurs vont dans des directions opposées ?

C’est tout le problème des tableaux, mais aussi des indicateurs synthétiques ! Imaginons que les indicateurs d’inégalité s’améliorent et que ceux mettant en évidence les évolutions de notre patrimoine naturel se dégradent pendant que la dette publique et le capital humain augmentent. Quelle conclusion en tirerons-nous ? Peut-on accepter qu’une amélioration de l’un de ces « capitaux » compense la dégradation d’un autre ? Je ne le crois pas.

C’est pour cette raison qu’un très petit nombre d’indicateurs « critiques », dont on ne doit pas admettre que les évolutions se compensent, est préférable. S’il y avait deux indicateurs synthétiques seulement, alors on pourrait se dire que toute évolution négative de l’un ou de l’autre est un échec, et que des mesures immédiates doivent être prises pour contrecarrer les tendances.


Céline Mouzon •





1. Voir Qu'est-ce que la richesse ? (1999) et les plaidoyers faits avec Florence Jany-Catrice, Jean Gadrey ou Patrick Viveret.
L’ouvrage est disponible dans notre petite médiathèque.

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 17:35
1895 à 2015 : Les 120 ans de la CGT chez vous ?

1895
C'est l'année où le capitaine Dreyffus est dégradé dans la cour de l'école militaire à Paris, c'est l'année de quelques conflits en "terres de chine et d'extrême orient", l'année de la mort du chimiste physicien, Louis Pasteur, et enfin l'année de la première projection du film "Sortie d'usine" des frères Lumières qui seront beaucoup moins "éclairés" une cinquantaine d'années plus tard... Mais c'est là une autre histoire, sur laquelle nous reviendrons.
Car 1895 marque d'abord la création de notre syndicat C.G.T sur une base confédérée, alliant le mouvement des "Bourses du travail" avec celui des diverses "fédérations de métiers".
Créée lors du Congrès de Limoges, vous pouvez d'ailleurs en retrouver le récit dans la bande dessinée - "Une Histoire de Fraternité" - disponible en prêt au sein de notre petite médiathèque.

1895 à 2015 : Les 120 ans de la CGT chez vous ?

Rappelons que dans l'Oise, seul le syndicat de la Métallurgie de l'Oise a participé à ce congrès. fondateur.
Un syndicat très actif, moteur du progrès social dans notre localité, il est aussi connu pour être à l'origine d'un patrimoine, d' une salle de cinéma, d'une salle des fêtes, et d'une coopérative ouvrière.
Achevée en 1914, le bâtiment fera office d'hôpital militaire pendant le conflit de 14-18.

Aujourd'hui connu sous le nom de "Salle de la Libération" , la bâtisse est gérée par la municipalité de Montataire qui a acheté l'ouvrage en 1923.

1895 à 2015 : Les 120 ans de la CGT chez vous ?

Dans le Hall de la salle du "Palace" reste encore bien visible le logo cégétiste :

Une poignée de main solidaire sur fond d'un planisphère - autrement mondialiste - puisqu'il exprime la volonté de construire internationalement l'émancipation de tous les travailleurs.

En 2015 :

Reste à partager d'autres expériences de ce grand récit syndical, chaque syndicat CGT pouvant nous communiquer ses anecdotes ou retranscrire les grands évènements vécus en leur sein durant ces 120 ans !

Pour notre UL du bassin creillois, Ouria et Nicole animeront le recensement de vos histoires, documents et autres témoignages.

N'hésitez donc pas à nous contacter sur le propos.
Il s'en suivra une exposition commune, voire un DVD commémoratif réalisé par nos so
ins!

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Orgue de Barbarie :

 
 



L'Orgue de Barbarie a été l'une des premières machines à utiliser un Code Binaire
pour retransmettre un message musical.
 
ICI même vous trouverez
un de ses avatars du XXI ème Siècle
         
         
                  
En ce point, vous pouvez nous envoyer
vos suggestions musicales au lien suivant :
             
alain.veinord@gmail.com

 
               
             

  
   



   

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