
Le 21 mars 1884 est votée en France la loi Waldeck Rousseau, autorisant les syndicats.
La loi le Chapelier de 1791 avait en effet interdit les corporations, cadre d’organisation du travail pendant l’Ancien Régime. Le prétexte est simple : corps intermédiaires entre le peuple et la république, les corporations détourneraient les travailleurs de l’intérêt général en les poussant à se centrer sur leurs revendications catégorielles.
L’histoire laisse peu de doutes quant à l’honnêteté d’un tel argument : la loi Le Chapelier n’interdisait pas l’entente entre les patrons, et les divers régimes autoritaires qui suivront la première république laisseront intacte cette « conquête » révolutionnaire. Il s’agit, pour la bourgeoisie, de substituer « aux nombreuses libertés si chèrement conquises, l’unique et impitoyable liberté du commerce », selon les mots de Marx.
La loi de 1884 constitue ainsi une conquête majeure, même si elle part d’objectifs ambigus. Proposée par le ministre de l’intérieur libéral Waldeck-Rousseau, elle se veut d’abord un moyen de contrôler l’agitation ouvrière en lui imposant un cadre institutionnel relativement contrôlé après le surgissement insurrectionnel de la Commune. Mais elle trouve également ses racines dans la croyance profonde de Waldeck-Rousseau en la nécessité de la liberté d’association pour le fonctionnement de la République.
L’opposition à la loi provient ainsi essentiellement de la droite antirépublicaine, qui use et abuse des techniques procédurières afin d’en retarder la proclamation. Pour les conservateurs, l’absence totale de syndicats vaut encore mieux que des syndicats sous contrôle.
La loi, bien qu’incomplète, fournit ainsi au mouvement ouvrier une base de lutte qui lui permettra de s’affranchir peu à peu des formes de contrôle qui pèsent sur lui. Si, aujourd’hui encore, la liberté syndicale est menacée et doit être défendue avec acharnement, la loi Waldeck-Rousseau proclame que républicanisme et activité syndicale n’ont rien d’incompatible. Les syndicats se fédèrent en effet progressivement dans la troisième république naissante, et leurs revendications se font de moins en moins catégorielles, pour concerner progressivement l’ensemble des travailleurs.
l’homme :
Pierre Waldeck-Rousseau est né à Nantes le 2 décembre 1846.
Avocat d'affaires, Député d'Ille-et-Vilaine de 1879 à 1889, Sénateur de la Loire inférieure de 1894 à 1904, Ministre de l'Intérieur de 1881 à 1882 et de de 1883 à 1885, Ministre de l'Intérieur de 1881 à 1882 et de 1883 à 1885, Président du Conseil de 1899 à 1902. Il a exercé le plus long ministère de la IIIème République.
En 1882, alors ministre de l'Intérieur du premier cabinet Gambetta il présenta une proposition de loi relative à la liberté d'association. Il fit voter la loi du 21 mars 1884 autorisant les syndicats. Cette loi qui va changer les rapports sociaux est au départ très mal accueillie par le monde ouvrier, les souvenirs de la commune étant encore très présents dans les esprits, la méfiance de tout ce qui vient de l'Etat et de son gouvernement est alors extrêmement vive.
En 1898 il fait voter la Loi sur les sociétés de secours mutuels. Il fit gracier le Capitaine Dreyfus en 1899. Il fut le maître d'oeuvre de la loi du 1er juillet 1901 sur les associations, «la Loi 1901».
Il meurt à Corbeil le 10 août 1904.
Le timbre :
Oblitération spéciale 1er jour à Paris
Premier jour le 21 mars 1984
Vente générale le 23 mars 1984
Retiré de la vente le 15 mars 1985
Valeur faciale : 3,60 F
Timbre vertical Taille image : 21,45x36 mm Dentelure 13
Couleur : noir et bleu clair
Imprimé en taille douce rotative 3 couleurs à 50 timbres par feuille
Emis à 8 millions d´exemplaires
La loi de 1884 constitue ainsi une conquête majeure, même si elle part d’objectifs ambigus. Proposée par le ministre de l’intérieur libéral Waldeck-Rousseau, elle se veut d’abord un moyen de contrôler l’agitation ouvrière en lui imposant un cadre institutionnel relativement contrôlé après le surgissement insurrectionnel de la Commune. Mais elle trouve également ses racines dans la croyance profonde de Waldeck-Rousseau en la nécessité de la liberté d’association pour le fonctionnement de la République. L’opposition à la loi provient ainsi essentiellement de la droite antirépublicaine, qui use et abuse des techniques procédurières afin d’en retarder la proclamation. Pour les conservateurs, l’absence totale de syndicats vaut encore mieux que des syndicats sous contrôle.
La loi, quoiqu’incomplète, fournit ainsi au mouvement ouvrier une base de lutte qui lui permettra de s’affranchir peu à peu des formes de contrôle qui pèsent sur lui. Si, aujourd’hui encore, la liberté syndicale est menacée et doit être défendue avec acharnement, la loi Waldeck-Rousseau proclame que républicanisme et activité syndicale n’ont rien d’incompatible. Les syndicats se fédèrent en effet progressivement dans la troisième république naissante, et leurs revendications se font de moins en moins catégorielles, pour concerner progressivement l’ensemble des travailleurs